jeudi 8 septembre 2011

Venus Consolatrix

(Nouvelle traduction)


Alors apparut l’étoile Lucifer ; et ma nuit

pâlit de timidité devant sa douce splendeur.

L’étoile brillait sur le mur sombre de ma chambre

Et comme coulant d’une fiole intarissable

Des veines d’argent marbraient la console

Qui était là, noire, depuis longtemps vide, dans l’angle.

Soudain la colonne prit vie

Et une femme apparut dans la lueur

Portant dans ses cheveux noirs une couronne

Tressée de roses pâles et de feuilles de vigne vertes

Sa tunique de velours blanc brillait

D’une lueur douce comme la neige de mon pays,

Mais les volants autour de son cou

Etaient rouge sang, comme la fleur d’Aloe

Et ses yeux bruns, rêveurs et profonds,

Comme s’il y dormait la nostalgie des mers du sud.

Elle me tendit les bras

Et je vis avec étonnement sur ses poignets

Son pouls fort monter et desendre.

Elle inclina la tête et me dit: Toi --

Tu es fatigué, épuisé, viens

On pardonne á ceux qui ont beaucoup aimé.

Ne fuis plus la Grande Vie

Par laquelle ta petite vit. O viens! Sois pieux!

Et sans un mot elle leva les voiles rouges

Et tira les cordons de soie

Et ouvrit sa robe blanche

Et me désigna du bout du doigt

Qui embrassait tendrement la lumiére de l’étoile

Les bourgeons bruns sur ses seins blancs.

Puis ell edit: Regarde! Cette chair et ce sang

Qui rendit le sauveur heureux

Avant que je ne l’améne sur sa grande croix

Moi Marie la Nazaréenne

O regarde, c’est la même chair, le même sang

Qui passionna le grand Sauveur,

Avant que je ne l’amène dans sa tombe,

Moi Marie, la Magdala

Viens, lève toi, regarde aussi mes blessures,

Et apprends à te libérer, guérir!

Et dans un sourire et laissa choir toute ses robes

Et étira toute la force de sa nudité;

Sur son ventre les cicatrices de la maternité

Etaient des runes sacrées

Inscrites sur des lignes qui coulaient miraculeusement

Jusque dans les poils noirs et bouclés.

Elle parla à nouveau et fit un pas vers moi:

ne veux-tu pas toi aussi voir dans mes yeux?!

Et mon regard s’immergea en elle.

Et une pensée oubliée: tu dois sombrer

Me laissa deriver dans la mer profonde

M’entraîna, heureux, de plus en plus profond.

Je crus voir le fond du monde

La douleur m’offrit dans un frisson une vie jamais vécue

Et sa couronne de roses et de vigne

Et dans l’étreinte, dans la langueur,

Je balbutiai: o résu--, résu--, résurrection!

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