mardi 18 octobre 2011
samedi 15 octobre 2011
J'ai commencé des études intellectuelles qui demandaient beaucoup de travail visible.
Aujourd'hui comme danseuse je n'ai plus d'heures à passer dans la bibliothèque. Ma vie actueelle et ma facon de travailler d'une manière générale font que je ne passe pas non plus des heures en studio à m'entraîner et à supplicier mon corps comme les danseurs classiques.
Alors j'ai l'impression de ne rien faire. J'oscille entre considérer que j'ai ce luxe d'avoir le temps, si indispensable au bien-être et à la création, et entre l'impression d'être une oisive, un parasite. Je ne fais rien qui suscite la reconnaissance, la reconnaissance du travail fait.
Tout ce qu'on voit c'est que je ne "travaille" pas.
Je comprend les regrets de ma famille qq part. Pas de thèse, pas de prestige.
Pour moi peu importe, il y a autre chose. Et pourtant, face à ce que j'aurais pu être, le doute l'emporte.
lundi 26 septembre 2011
Ca risque de ne pas être très clair ni complet mais qui sait.
J'ai peur: je me décrirai facilement comme trouillarde, même poule mouillée. Je n'aime pas les sensations fortes, pas de grand huit, rien d'extrême. J'ai même peur de parler au téléphone, je déteste téléphoner parce que j'ai peur. J'en dis parfois n'importe quoi, je bafouille. A chaque fois que je pars j'ai un peu peur, parfois très peur d'arriver dans l'inconnu.
Mais ca c'est une petite peur, une anxiété, une nervosité.
J'ai connu la vraie peur, celle de mourir, celle de voir l'autre mourir. Quand on sait que chaque minute qui passe est peut-être la dernière. J'avais arrêté de manger car la peur me dévorait.
Et en même temps.
Je n'ai pas peur. Je me sens invincible. Parfois je ne fais même plus attention. Je fais des trucs que je n'aurais pas pensé pouvoir faire car justement je suis une trouillarde. Mais je ne les fais pas en surmontant la peur. Je les fais comme si je n'avais jamais eu peur.
Je suis adulte. J'ai pris mon histoire et ma vie en main. J#ai pris des décisions difficiles que d'autres admirent.
Je suis une petite fille: j'ai encore besoin de me justifier. Quitte à inventer une excuse bidon ou à raconter ma vie pour expliquer ceci ou cela, alors que je serais dans une position d'imposer. Je vois encore le reste du monde comme mes parents.
J'ai l'impression d'avoir l'esprit qui flotte au dessus du monde. J'ai l'impression que toute ces occupations d'adultes sont futiles: la politique, le monde. l'économie. Le monde est plus vieux et ser plus vieux que ca. Tout ne m'apparaît que comme une goutte d'eau dans un océan. J'ai parfois l'impression que mon monde est parallèle et j'ai du mal à m'intégrer aux autres. Il y a encore qq temps je pouvais donner l'illusion mais maintenant je n'y arrive même plus. J'évite toutes les réunions sociales, les fêtes, je fuis le monde. J'ai du mal à discuter avec plusieurs inconnus en même temps. Je m'enderme dans un mutisme que les autres interprètent au mieux comme de la fatigue (argument qui me permet de m'éclipser généralement) au pire par du mépris. Et pourtant ca n#en est pas. C'est juste une incompatibilité, une incompréhension profonde.
Tout devient soudainement une agression de mon petit monde profond, intime et personnel. Je me sens sourde, muette, aveugle et vulnérable. Généralement je prend le parti de fuir quand je peux, de me mettre à l'écart physiquement, ou een cessant de prendre part à la conversation.
Je ne me sens bien qu'avec une ou deux personnes. Au-delà c'est déjà trop, surtout si ce sont des inconnus...
Pourtant j'aime les gens, j'aime les observer et les écouter, je n'ai pas de mépris. Mais il n'y en a que très peu que je peux laisser pénétrer mon petit univers bizarre. J'aimerais pouvoir parler, partager mais qqch m#en empêche. Il ne faut pas le faire. Il faut garder le silence.
mardi 20 septembre 2011
Relief
(...)
And your doubt can become a good quality if you train it. It must become knowing, it must become criticism. Ask it, whenever it wants to spoil something for you, why something is ugly, demand proofs from it, test it, and you will find it perhaps bewildered and embarrassed, perhaps also protesting. But don't give in, insist on arguments, and act in this way, attentive and persistent, every single time, and the day will come when, instead of being a destroyer, it will become one of your best workers - perhaps the most intelligent of all the ones that are building your life."
jeudi 8 septembre 2011
Venus Consolatrix
(Nouvelle traduction)
Alors apparut l’étoile Lucifer ; et ma nuit
pâlit de timidité devant sa douce splendeur.
L’étoile brillait sur le mur sombre de ma chambre
Et comme coulant d’une fiole intarissable
Des veines d’argent marbraient la console
Qui était là, noire, depuis longtemps vide, dans l’angle.
Soudain la colonne prit vie
Et une femme apparut dans la lueur
Portant dans ses cheveux noirs une couronne
Tressée de roses pâles et de feuilles de vigne vertes
Sa tunique de velours blanc brillait
D’une lueur douce comme la neige de mon pays,
Mais les volants autour de son cou
Etaient rouge sang, comme la fleur d’Aloe
Et ses yeux bruns, rêveurs et profonds,
Comme s’il y dormait la nostalgie des mers du sud.
Elle me tendit les bras
Et je vis avec étonnement sur ses poignets
Son pouls fort monter et desendre.
Elle inclina la tête et me dit: Toi --
Tu es fatigué, épuisé, viens
On pardonne á ceux qui ont beaucoup aimé.
Ne fuis plus la Grande Vie
Par laquelle ta petite vit. O viens! Sois pieux!
Et sans un mot elle leva les voiles rouges
Et tira les cordons de soie
Et ouvrit sa robe blanche
Et me désigna du bout du doigt
Qui embrassait tendrement la lumiére de l’étoile
Les bourgeons bruns sur ses seins blancs.
Puis ell edit: Regarde! Cette chair et ce sang
Qui rendit le sauveur heureux
Avant que je ne l’améne sur sa grande croix
Moi Marie la Nazaréenne
O regarde, c’est la même chair, le même sang
Qui passionna le grand Sauveur,
Avant que je ne l’amène dans sa tombe,
Moi Marie, la Magdala
Viens, lève toi, regarde aussi mes blessures,
Et apprends à te libérer, guérir!
Et dans un sourire et laissa choir toute ses robes
Et étira toute la force de sa nudité;
Sur son ventre les cicatrices de la maternité
Etaient des runes sacrées
Inscrites sur des lignes qui coulaient miraculeusement
Jusque dans les poils noirs et bouclés.
Elle parla à nouveau et fit un pas vers moi:
ne veux-tu pas toi aussi voir dans mes yeux?!
Et mon regard s’immergea en elle.
Et une pensée oubliée: tu dois sombrer
Me laissa deriver dans la mer profonde
M’entraîna, heureux, de plus en plus profond.
Je crus voir le fond du monde
La douleur m’offrit dans un frisson une vie jamais vécue
Et sa couronne de roses et de vigne
Et dans l’étreinte, dans la langueur,
Je balbutiai: o résu--, résu--, résurrection!
vendredi 29 juillet 2011
Letters to a friend 29.07.2011
(...)
I actually still wanted to add something to what you had written in you last email.
You said you believe that souls are made for one purpose, following the hindu belief in karma.
This is the point where my thoughts diverge from yours.
My reflection is that humans are free. A great great freedom. A scary freedom. Immensity, abyssal immensity is scary. So men needed to give themselves structures. They needed to frame their world in order to live with others (civil code, moral code) but also to relieve themselves of the pain of freedom. It is a relaxing thought that anything that you do does not depend on you completely: it depends on a God who has chosen it for you (monotheistic religions like christianity) or it could depend on something which you did in your past life (but here I see a paradox: since your actions always depend from something else you did they are controlled from outside and never really from inside no?).
I don't believe in any kind of life after death, nor than anything is happening. Why should it? we die, return to earth. That's it. Our life is here. Not before, not after, not outside. And I could experience death from close. I never visited the graveyard of my fiancé after his death. For what? watching a stone? I definitely don't need this to pay respect to his memory. I also don't believe he is anywhere else than in the hearts and thoughts of people who have known him. You die really when you are forgotten. Aas long as people can carry your memory and pass it on, you stay alive. That your heart is beating or not is not essential. I learnt this in the many hours where I was alone at home mourning his absence. Oh yes I have been alone, lonely, felt left apart and aside. But I understood that this is the way it goes. You lose something, you earn something. His death gifted me freedom, and also eternal/spiritual love. I was also gifted death and suffering, so I can understand better the deaths and sufferings of others.
And beefore I finish and although I would still have 100 things to write, (I feel it but these thoughts are blurred right now): I never despised religions and religiosity. We have the freedom to choose and to shape our world the way we want. There is nothing wrong in having a belief, embracing a religion or specific rituals. Everyone can choose. Everyone should choose. Everyone also HAS to choose. Our freedom is also a prison. Because it is too big and too scary.
Letters to a friend 27.07.2011
I don't feel ready to share thoughts in the manner of Khalil Gibran. I need to experience more in life before that.
One chapter however I could totally identify with with "Talking" :)
When I opened "So spake Zarathustra" randomly yesterday, I found this :
MY BROTHER, when thou hast a virtue, and it is thine own virtue, thou hast it in common with no one. To be sure, thou wouldst call it by name and caress it; thou wouldst pull its ears and amuse thyself with it. And lo! Then hast thou its name in common with the people, and hast become one of the people and the herd with thy virtue! Better for thee to say: "Ineffable is it, and nameless, that which is pain and sweetness to my soul, and also the hunger of my bowels." Let thy virtue be too high for the familiarity of names, and if thou must speak of it, be not ashamed to stammer about it.
You wrote it could be a blessing to see the world in black and white. I don't believe this. The world is grey. Men have created black and white, good and evil to find bearings in their world and all of their good, all of their evil is cultural and also helps them to differentiate themselves from other men ("we do/eat/think this, the others don't so we are better" is the common equation).
So mankind is still used t to seeing everything in terms of good ad evils, because it is so comfortable.
But nothing in the world is naturally good or evil, naturally black or white. The things just are. Passive. We need to go beyond this good and evil and acknowledge again the shades of grey in the world.
Probably this is gonna make us suffer, because suddenly nothing is easy, and safe any longer. But who wants a life in safety? I don't. Just as I don't want to find peace withing myself. Peace is death or, if you're alive, it is lethargy. Where nothing happens any longer and all movement has ceased.
For me I want movement, doubt and pain because there I feel alive, know something is happening. Every answer I received is questionned for what I search are questions, not answer, not certainties.
I am thankful for this chaotic inner world I don't understand myself. What I try to do is not regulate it but simply acknowledge it. Only if I don't torture it to an answer will it show under some shape, at the right moment. And then disappear again.
I feel like a kind of vase. The outside is what you see, but the inner, the empty side of the vase is what is important. The vase is ready, not expecting. You can fill it with water, or put a flower in it and it's role is different. People see the flower, but the flower is shown only thanks to the emptiness of the vase. So this is what I strive to be. A vase.
And after my death, I would like to be this place in high grasses, where the grass is smashed against the earth because someone before you has been lying here. Just an anonymous shape of smashed grass, in which someone new can come and lie down.
Letters to a friend 26.07.2011
yes my soul is wordless, an undescribable chaos where nothing and everything exist next to each other : silence and noise, movement and stillness and so much more.
There was a time where, thanks to my studies, my tongue was trained to express something through words. But the further my dance journey was going, the more the words would leave me, making me enter in a new depth of myself, a new depth of my communication and also a new depth of my soul.
Also this journey, leading me to countries of which I don't understand, let alone speak the languages, sentences me to silence, pushing me a bit deeper in my own chaos and my own noisy silence.
However, there are so many times I would like to shape my thoughts again into words, so that others can understand. I wish I could express myself easily and fluidly, creating clarity for others and for myself. But I can't any longer. Words have escaped.
I know the Prophet, never read it though. I would be happy to receive it from you.
Letters to a friend 25.07.2011
One text I wanted to share with you:
Full of clattering buffoons is the market-place, and the
people glory in their great men! These are for them the masters
of the hour.
But the hour presseth them; so they press thee. And also
from thee they want Yea or Nay. Alas! thou wouldst set thy
chair betwixt For and Against?
On account of those absolute and impatient ones, be not
jealous, thou lover of truth! Never yet did truth cling to the
arm of an absolute one.
On account of those abrupt ones, return into thy security:
only in the market-place is one assailed by Yea? or Nay?
Slow is the experience of all deep fountains : long have they
to wait until they know what hath fallen into their depths.
Away from the market-place and from fame taketh place all
that is great: away from the market-place and from fame have
ever dwelt the devisers of new values.
from Thus spake Zarathustra, Nietzsche
mardi 12 juillet 2011
Est-ce qu'on le passe un jour?
-Le mutisme forcé auxquel m'expose la non-connaissance des langues et des cultures est tjs difficile. J'ai du mal à me laisser tomber plus profond. On essaie tjs de se raccrocher aux parois alors qu'il faudrait juste tomber. Ma danse qui elle aussi est muette n'en serait probablement que plus puissante.
Mais ca viendra. Pour ca j'ai confiance.
-le mutisme me rapproche des animaux.
vendredi 3 juin 2011
samedi 28 mai 2011
Quelquefois
Quand mes ailes se froissent
Et mes îles se noient
Je plie sous le poids
Plie sous le poids
De cette moitié de femme
Qu'il veut que je sois
Je veux bien faire la belle
Mais pas dormir au bois
Je veux bien être reine
Mais pas l'ombre du roi
Faut-il que je cède
Faut-il que je saigne
Pour qu'il m'aime aussi
Pour ce que je suis
Pourrait-il faire en sorte
D'ouvrir un peu la porte
Pourrait-il faire encore
Un geste un pas vers moi
jeudi 26 mai 2011
dimanche 22 mai 2011
Si ça peut vous faire plaisir...
Je suis bien incapable de me rebeller contre quoi que ce soit. Je n'ai jamais été ni une partisane ni une militante. Je n'ai pas grand intêret ni connaissance de "buts suprêmes" ou "d'idées". Je ne suis partie que pour découvrir d'autres cultures pour de vrai, avec le moins de formatage médiatique ou autre possible. Juste moi et le monde.
Si ça peut vous faire plaisir de me voir comme une "hippie", allez-y.
Pour info je ne sais quasiment rien du mouvement hippie, et en ce qui concerne les clichés qui y sont associés, je suis désolée de ne pas pouvoir m'y conformer.
Ma tenue? je porte simplement ce qui me plaît. N'y voyez aucune forme de rebellion ou d'anti-conformisme. Cependant je ne nie pas être inspirée parce que je vois dans d'autres pays ou région du globe. Mais c'est bien légitime non?
Citoyenne du monde globalisé ? non merci. Je suis Française et chrétienne, et ce n'est pas un choix mais une réalité.
Le métissage des cultures ? dommage. Et ironiquement toutes ces cultures qui "font rêver" ne survivent que difficilement et surtout grâce à un très fort rejet de ce qui vient de l'occident. Déjà l'Inde moderne, la Thailande moderne sont presque comme des villes occidentales. Presque. Ouf.
vendredi 20 mai 2011
mercredi 11 mai 2011
Japanese aesthetics
L'esthétique japonaise ne cesse de me fasciner... je m'en sens proche.
Shinto-Buddhism
Shinto is considered to be at the fountain-head of Japanese culture.[4] With its emphasis on the wholeness of nature and character in ethics, and its celebration of the landscape, it sets the tone for Japanese aesthetics. Nevertheless, Japanese aesthetic ideals are most heavily influenced by Japanese Buddhism.[5] In the Buddhist tradition, all things are considered as either evolving from or dissolving into nothingness. This 'nothingness' is not empty space. It is, rather, a space of potentiality.[6] If we take the seas as representing potential then each thing is like a wave arising from it and returning to it. There are no permanent waves. There are no perfect waves. At no point is a wave complete, even at its peak. Nature is seen as a dynamic whole that is to be admired and appreciated. This appreciation of nature has been fundamental to many Japanese aesthetic ideals, "arts," and other cultural elements. In this respect, the notion of "art" (or its conceptual equivalent) is also quite different from Western traditions (see Japanese art).
Wabi-sabi
Wabi and sabi refers to a mindful approach to everyday life. Over time their meanings overlapped and converged until they are unified into Wabi-sabi, the aesthetic defined as the beauty of things "imperfect, impermanent, and incomplete".[6] Things in bud, or things in decay, as it were, are more evocative of wabi-sabi than things in full bloom because they suggest the transience of things. As things come and go, they show signs of their coming or going and these signs are considered to be beautiful. In this, beauty is an altered state of consciousness and can be seen in the mundane and simple. The signatures of nature can be so subtle that it takes a quiet mind and a cultivated eye to discern them.[7] In Zen philosophy there are seven aesthetic principles for achieving Wabi-Sabi.[8]
Fukinsei: asymmetry, irregularity; Kanso: simplicity; Koko: basic, weathered; Shizen: without pretense, natural; Yugen: subtly profound grace, not obvious; Datsuzoku: unbounded by convention, free; Seijaku: tranquility.
Each of these things are found in nature but can suggest virtues of human character and appropriateness of behaviour. This, in turn suggests that virtue and civility can be instilled through an appreciation of, and practice in, the arts. Hence, aesthetic ideals have an ethical connotation and pervades much of the Japanese culture.[9]
Miyabi
Miyabi (雅) is one of the oldest of the traditional Japanese aesthetic ideals, though perhaps not as prevalent as Iki or Wabi-sabi. In modern Japanese, the word is usually translated as "elegance," "refinement," or "courtliness" and sometimes refers to a "heart-breaker".
The aristocratic ideal of Miyabi demanded the elimination of anything that was absurd or vulgar and the "polishing of manners, diction, and feelings to eliminate all roughness and crudity so as to achieve the highest grace." It expressed that sensitivity to beauty which was the hallmark of the Heian era. Miyabi is often closely connected to the notion of Mono no aware, a bittersweet awareness of the transience of things, and thus it was thought that things in decline showed a great sense of miyabi.
Shibui
Shibui (渋い) (adjective), shibumi (渋み) (noun), or shibusa (渋さ) (noun) are Japanese words which refer to a particular aesthetic or beauty of simple, subtle, and unobtrusive beauty. Originating in the Muromachi period (1336–1392) as shibushi, the term originally referred to a sour or astringent taste, such as that of an unripe persimmon. Shibui maintains that literal meaning still, and remains the antonym of amai (甘い), meaning 'sweet'. Like other Japanese aesthetic terms, such as iki and wabi-sabi, shibui can apply to a wide variety of subjects, not just art or fashion. Shibusa includes the following essential qualities. (1) Shibui objects appear to be simple overall but they include subtle details, such as textures, that balance simplicity with complexity. (2) This balance of simplicity and complexity ensures that one does not tire of a shibui object but constantly finds new meanings and enriched beauty that cause its aesthetic value to grow over the years. (3) Shibusa is not to be confused with wabi or sabi. Though many wabi or sabi objects are shibui, not all shibui objects are wabi or sabi. Wabi or sabi objects can be more severe and sometimes exaggerate intentional imperfections to such an extent that they can appear to be artificial. Shibui objects are not necessarily imperfect or asymmetrical, though they can include these qualities. (4) Shibusa walks a fine line between contrasting aesthetic concepts such as elegant and rough or spontaneous and restrained.
Iki
Iki (いき, often written 粋) is a traditional aesthetic ideal in Japan. The basis of iki is thought to have formed among urbane mercantile class (Chōnin) in Edo in the Tokugawa period. Iki is an expression of simplicity, sophistication, spontaneity, and originality. It is ephemeral, straightforward, measured, and unselfconscious. Iki is not overly refined, pretentious, complicated. Iki may signify a personal trait, or artificial phenomena exhibiting human will or consciousness. Iki is not used to describe natural phenomena, but may be expressed in human appreciation of natural beauty, or in the nature of human beings. The phrase iki is generally used in Japanese culture to describe qualities that are aesthetically appealing and when applied to a person, what they do, or have, constitutes a high compliment. Iki is not found in nature. While similar to wabi-sabi in that it disregards perfection, iki is a broad term that encompasses various characteristics related to refinement with flair. The tasteful manifestation of sensuality can be iki. Etymologically, iki has a root that means pure and unadulterated. However, it also carries a connotation of having an appetite for life.[10]
Jo-ha-kyū
Jo-ha-kyū (序破急) is a concept of modulation and movement applied in a wide variety of traditional Japanese arts. Roughly translated to "beginning, break, rapid", it infers a tempo that begins slowly, accelerates, and then ends swiftly. This concept is applied to elements of the Japanese tea ceremony, to kendō, to the traditional theatre, to Gagaku, and to the traditional collaborative linked verse forms renga and renku (haikai no renga).[11]
Yūgen
Yūgen (幽玄?) is an important concept in traditional Japanese aesthetics. The exact translation of the word depends on the context. In the Chinese philosophical texts the term was taken from, yūgen meant "dim", "deep" or "mysterious". In the criticism of Japanese waka poetry, it was used to describe the subtle profundity of things that are only vaguely suggested by the poems, and was also the name of a style of poetry (one of the ten orthodox styles delineated by Fujiwara no Teika in his treatises).
Yugen suggests that beyond what can be said but is not an allusion to another world.[12] It is about this world, this experience. All of these are portals to yugen:
"To watch the sun sink behind a flower clad hill. To wander on in a huge forest without thought of return. To stand upon the shore and gaze after a boat that disappears behind distant islands. To contemplate the flight of wild geese seen and lost among the clouds. And, subtle shadows of bamboo on bamboo." Zeami Motokiyo
Zeami was the originator of the dramatic art form Noh theatre and wrote the classic book on dramatic theory (Kadensho). He uses images of nature as a constant metaphor. For example, "snow in a silver bowl" represents "the Flower of Tranquility". Yugen is said to mean “a profound, mysterious sense of the beauty of the universe… and the sad beauty of human suffering”.[13] It is used to refer to Zeami’s interpretation of “refined elegance” in the performance of Noh.[14]
Geidō
Geidō refers to the way of the traditional Japanese arts: Noh (theater), kadō (Japanese flower arrangement), shodō (Japanese calligraphy), Sadō (Japanese tea ceremony), and yakimono (Japanese pottery). All of these ways carry an ethical and aesthetic connotation and appreciate the process of creation.[9] To introduce discipline into their training, Japanese warriors followed the example of the arts that systematized practice through prescribed forms called kata - think of the tea ceremony. Training in combat techniques incorporated the way of the arts (Geidō), practice in the arts themselves, and instilling aesthetic concepts (for example, yugen) and the philosophy of arts (geido ron). This led to combat techniques becoming known as the martial arts (even today, David Lowry shows, in the 'Sword and Brush: the spirit of the martial arts', the affinity of the martial arts with the other arts). All of these arts are a form of tacit communication and we can, and do, respond to them by appreciation of this tacit dimension.
[edit] Ensō
Ensō (円相) is a Japanese word meaning "circle". It symbolizes the Absolute, enlightenment, strength, elegance, the Universe, and the void; it also may be taken to symbolize the Japanese aesthetic itself. Zen Buddhist calligraphists may "believe that the character of the artist is fully exposed in how she or he draws an ensō. Only a person who is mentally and spiritually complete can draw a true ensō. Some artists will practice drawing an ensō daily, as a kind of spiritual exercise."
Camille
Elle ne se met pas de barrière pour parler et souvent, sortie de nulle part arrive une déclaration, une question, une élucubration
"lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche... Et maintenant à l'envers ! Dimanche, samedi, vendredi, jeudi................ mercredi, mardi, lundi!"
Elle est la seule à voir sur mon collier la perle plus nacrée que les autres.
Elle n'a pas peur de mettre sa main sur ma cuisse et ne demande pas pour venir se blottir contre moi ou poser sa tête sur mes genoux
Elle n'attend pas que je la sollicite pour raconter sa journée, me montrer ce qu'elle aime.
Chaque histoire est improvisée. Elle divague sans crainte, mais jamais en permanence.
Bien loin de l'innocence qu'on prête aux enfants de son âge, ses histoires parlent de tout de rien et entre autres de mort et de violence
MERCI
Méthode cathartique
Le traitement cathartique ou méthode cathartique, développée par le médecin autrichien Joseph Breuer, est une méthode qui consiste à faire tomber les barrières psychologiques du patient par hypnose pour réveiller les souvenirs traumatiques enfouis, à l'origine de troubles, générant ainsi une décharge émotionnelle à valeur libératrice, l'abréaction.
Cette méthode comprend trois étapes :
1. La première étape consiste à hypnotiser le malade hystérique.
2. Une fois hypnotisé, le médecin lui pose des questions afin que celui-ci puisse revivre affectivement des événements douloureux traumatiques.
3. Une fois cette expérience terminée, le médecin réveille le patient et lui ordonne de se rappeler tout ce qu'il a dit pendant la transe.
Une fois réveillé, le patient se souvient de tout ce qu'il a dit pendant la transe et les symptômes hystériques ont disparu.
Cette méthode est dérivée de l'hypothèse de Jean-Martin Charcot sur l'étiologie traumatique de l'hystérie. Selon cette hypothèse, une personne devient hystérique lorsqu'elle est amenée à se dissocier suite à un choc traumatique.
Catharsis
Histoire du concept[modifier]
Aristote : l'origine du concept[modifier]
Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce n'est pas tant dans la Poétique que dans La Politique d'Aristote qu'on trouve le terme développé, à propos de la musique envisagée d'un point de vue politique :
- « Nous voyons ces mêmes personnes, quand elles ont eu recours aux mélodies qui transportent l'âme hors d'elle-même, remises d'aplomb comme si elles avaient pris un remède et une purgation. C'est à ce même traitement dès lors que doivent être nécessairement soumis à la fois ceux qui sont enclins à la pitié et ceux qui sont enclins à la terreur, et tous les autres qui, d'une façon générale, sont sous l'empire d'une émotion quelconque pour autant qu'il y a en chacun d'eux tendance à de telles émotions, et pour tous il se produit une certaine purgation et un allégement accompagné de plaisir. Or, c'est de la même façon aussi que les mélodies purgatrices procurent à l'homme une joie inoffensive. »1
Bien qu'il renvoie à sa Poétique pour plus d'éclaircissements, (« nous en reparlerons plus clairement dans notre Poétique ») il devait faire allusion au deuxième livre car le terme n'apparaît qu'une seule fois dans l'ouvrage qui nous est parvenu (en 1449b28) :
- « La tragédie (...) est une imitation faite par des personnages en action et non par le moyen de la narration, et qui par l'entremise de la pitié et de la crainte, accomplit la purgation des émotions de ce genre. »
La catharsis est l'épuration des passions par le moyen de la représentation dramatique : en assistant à un spectacle théâtral, l'être humain se libère de ses pulsions, angoisses ou fantasmes en les vivant à travers le héros ou les situations représentées sous ses yeux. La catharsis désigne donc, d'abord, la transformation de l'émotion en pensée2. Il s'agit donc d'une mise à distance, ou d'une objectivation - processus que la philosophe Marie-José Mondzain, en la rattachant au discours psychanalytique, qualifie de perlaboration3. Pour Aristote, le terme est surtout médical mais il sera interprété ensuite comme une purification morale. En s'identifiant à des personnages dont les passions coupables sont punies par le destin, le spectateur de la tragédie se voit délivré, purgé des sentiments inavouables qu'il peut éprouver secrètement. Le théâtre a dès lors pour les théoriciens du classicisme une valeur morale, une fonction édifiante. Plus largement, la catharsis consiste à se délivrer d'un sentiment encore inavoué (il faudrait de plus dire que l'opinion d'Aristote est contraire à celle de Platon et de Saint-Augustin).
Les deux interprétations dominantes de la catharsis[modifier]
L'interprétation de ce passage très allusif est délicate, et sujette à de nombreux débats. La question porte en particulier sur le mode de purgation qui a lieu : s'agit-il d'une purgation morale, ou bien Aristote veut-il simplement dire que le mode de représentation fait en sorte que l'on ne ressent pas ces émotions au premier degré ?
Entre les deux interprétations, la différence porte :
- sur l'enjeu de la purgation : dans un cas, il s'agit de la morale, dans l'autre de la seule esthétique ;
- sur la cause de la purgation : dans un cas, il s'agit des exemples montrés sur la scène, dans l'autre du seul dispositif de la représentation théâtrale.
Historiquement, l'interprétation morale de la katharsis a longtemps été la seule défendue. Aujourd'hui, quelques savants[réf. nécessaire] avancent que l'interprétation purement esthétique est la plus correcte.
Interprétation morale de la katharsis[modifier]
Dans l'interprétation classique de la katharsis, elle est une méthode de « purgation des passions », ou purification émotionnelle, utilisant des spectacles ou histoires tragiques considérées comme édifiantes. En psychanalyse, la catharsis est un concept utilisé par Sigmund Freud pour désigner le rappel à la conscience d'une idée refoulée.
Utilisée notamment par le cinéma, le théâtre et la littérature, elle montre le destin tragique de ceux qui ont cédé à ces pulsions. En vivant ces destins malheureux par procuration, les spectateurs ou lecteurs sont censés prendre en aversion les passions qui les ont provoquées. Pour que cette catharsis soit possible, il faut que les personnages soient en imitation (mimêsis) des passions humaines, le meilleur exemple, pour Aristote, étant Œdipe Roi de Sophocle.
Interprétation esthétique de la katharsis[modifier]
Aujourd'hui, quelques érudits considèrent que la katharsis n'a pas un enjeu moral, mais exclusivement esthétique. Le spectateur ne se purge pas de ses émotions en voyant des exemples édifiants, mais c'est plutôt le dispositif scénique, le mode de la représentation, qui purge le spectateur de ses émotions. L'homme peut « prendre plaisir aux représentations » :
- « nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d'animaux les plus méprisés et des cadavres » (Aristote, Poétique, 1448b10).
Ainsi, par exemple, le spectateur serait horrifié en voyant une mère massacrer ses enfants, mais il peut assister, sans bouger de son siège, à une tragédie sur Médée : c'est que le dispositif théâtral « suffit à le purger » des émotions qu'il éprouverait hors de ce dispositif [réf. nécessaire].
La dualité cathartique et criminogène de la représentation[modifier]
La catharsis fait donc intervenir une représentation d'un acte réprimé (par la morale, voire par la Loi), et c'est cette représentation qui permet au spectateur de se « défouler ». On peut cependant opposer le fait qu'une représentation esthétisée de l'acte peut aussi séduire le spectateur, l'inspirer, lui donner l'idée de commettre l'acte, ou bien peut rendre l'acte acceptable : puisqu'il est représenté en public, il est accepté par l'assemblée, voire banalisé par la société.
Ainsi, on peut concevoir que la représentation puisse entraîner le passage à l'acte au lieu de l'empêcher, et que cette représentation soit criminogène.
Ce débat sur la dualité cathartique et criminogène de la représentation touche quasiment tous les médias, particulièrement les jeux vidéo ou encore des fictions diffusées à la télévision.
Aujourd'hui, en route dans Paris, je suis passée dans un couloir de métro vide, pas d'affiches, personne... j'ai eu peur...
Je n'aime pas les endroits abandonnés, où il reste tout, comme si l'endroit avait été quitté dans la précipitation. Les joues et le nez me piquent, mes yeux pleurent. Comme si j'avais respiré quelque chose d'inhabituel.
J'ai l'impression de fouler des cadavres, voir des souvenirs qui n'appartiennent plus à personne. C'est très troublant, très émotionnel et désagréable
Et pourtant la fascination est grande et, comme je suis déjà rentrée presque à mon corps défendant dans des bâtisses abandonnées, j'ai parcouru ce couloir de métro qui n'était pourtant pas le mien.
mardi 10 mai 2011
Des morceaux de vie 1
-Chez une amie, soudain sa petite fille vomit dans un cri le dîner qu'elle venait de prendre. Son frère dans le salon où je me trouvais roule des yeux effrayés, lâche sa BD pour plaquer ses mains sur ses oreilles en disant, à moitié pour lui à moitié pour moi "Oh non j'aime pas ça moi !" Puis il est parti dans sa chambre d'où j'ai entendu "La pauvre !"
-Dans le métro un homme jouait l'adagio d'Albinoni et une vieille femme devant lui pleurait sans bruit
-Aujourd'hui j'ai été croquée dans le métro. J'ai vu dans la vitre les yeux de l'homme derrière moi qui se levaient et s'abaissaient sur son carnet. Je crois qu'il dessinait ma main entourant la barre.
-Sa chienne m'a reconnue, elle a délicatement pris mon poignet dans sa gueule pour m'attirer dans l'appartement
-A la gare de New Delhi, il y avait un jeune homme sur son rickshaw non motorisé. Il guettait l'arrivée des touristes, les yeux sérieux et plein d'espoir. Mais tout le monde prend les rickshaws motorisés, plus rapides que ceux à propulsion humaine...
-A Pushkar au Rajasthan, une vieille femme m'a basculé la tête et versé un peu de son eau dans la bouche. Elle travaillait dans la ru avec une pioche, elle ne me connaissais pas et moi non plus. Nous ne nous reverrons jamais.
-A Jodhpur, la petite Indra qui n'avait pas d'autre moyen de communication a glissé timidement sa main dans la mienne pour me raccompagner au bus.
-Je l'ai entendu chanter dans la salle de bains
lundi 9 mai 2011
Errance
J'aime errer dans les grandes villes, marcher pendant des heures sans but. Je ne tourne jamais en rond. J'oblique intuitivement, je suis mon instinct. Je ne me retrouve jamais aux mêmes endroits. Là où c'est possible je m'arrête pour parler aux gens.
Dans mes pensées c'est l'errance aussi d'où ma difficulté à les exprimer. Je passe d'une idée á l'autre, mais toujours en voyant trés bien les fils conducteurs, qui n'ont de logique que pour moi d'ailleurs. Je pense plusieurs choses et plusieurs idées en même temps. Les idées, les images passent de l'une dans l'autre comme un morphing sur ordinateur, mais dont je serais la seule à suivre les traits. Je ne réfléchis pas beaucoup logiquement, mon esprit se défile et préfère toujours emprunter une autre voie qui mène ailleurs mais on ne sait pas où.
Dans un livre parcouru récemment, Michel Onfray disait que le nomadisme sans attache, l'errance, étaient dangereux. Parce qu'on n'a plus d'endroit où revenir on part loin, aux frontières de la folie.
Je ne sais pas
Peut-être que oui en fait
jeudi 5 mai 2011
Symbolisme
Le symbolisme est un mouvement littéraire et artistique apparu en France et en Belgique vers 1870, en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. Ce mouvement s'est exporté jusqu'en Russie, en particulier grâce à Valéry Brioussov, poète et fondateur du symbolisme russe.
Le mot est proposé par Jean Moréas, qui utilise ici l'étymologie du mot symbole (« jeter ensemble ») pour désigner l'analogie que cette poésie souhaite établir entre l'Idée abstraite et l'image chargée de l'exprimer. Pour les Symbolistes, le monde ne saurait se limiter à une apparence concrète réductible à la connaissance rationnelle. Il est un mystère à déchiffrer dans les correspondances qui frappent d'inanité le cloisonnement des sens : sons, couleurs, visions participent d'une même intuition qui fait du Poète une sorte de mage. Le symbolisme oscille ainsi entre des formes capables à la fois d'évoquer une réalité supérieure et d'inviter le lecteur à un véritable déchiffrement : d'abord voué à créer des impressions - notamment par l'harmonie musicale - un souci de rigueur l'infléchira bientôt vers la recherche d'un langage inédit. L'influence de Stéphane Mallarmé est ici considérable, ce qui entraîne la poésie vers l'hermétisme.
Sommaire[masquer] |
Étymologie[modifier]
Le mot « symbolisme » est formé à partir du terme « symbole » qui vient du latin symbolictum, « symbole de foi », symbolitulus, « signe de reconnaissance », du grec sumbolon, « objet coupé en deux constituant un signe de reconnaissance quand les porteurs pouvaient assembler (sumballon) les deux morceaux ». Dans la Grèce antique, le « symbolon » était un morceau de poterie qui était brisé en deux et qu’on donnait à deux ambassadeurs de cités alliées pour se reconnaître.
Définition[modifier]
Dans Un Manifeste littéraire, publié en 1886, Jean Moréas définit cette nouvelle manière : « Ennemie de l'enseignement, la déclamation, la fausse sensibilité, la description objective ", la poésie symbolique cherche : " à vêtir l'Idée d'une forme sensible... » Les poètes symbolistes teintent leurs œuvres d'intentions métaphysiques, de mystère, voire de mysticisme. Le sujet a désormais de moins en moins d'importance, il n'est qu'un prétexte. Plusieurs artistes s'amusent à transposer une image concrète dans une réalité abstraite.
George-Albert Aurier donne une définition du symbolisme dans un Mercure de France de 1891 : « L’œuvre d’art devra être premièrement idéiste, puisque son idéal unique sera l’expression de l’idée, deuxièmement symboliste puisqu’elle exprimera cette idée en forme, troisièmement synthétique puisqu’elle écrira ses formes, ses signes selon un mode de compréhension général, quatrièmement subjective puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet mais en tant que signe perçu par le sujet, cinquièmement l’œuvre d’art devra être décorative. »
Le symbolisme est une réaction au naturalisme. Les symboles permettent d'atteindre la réalité supérieure de la sensibilité et inspirent l'imagination poétique.
Il renoue avec les aspects les plus ésotériques du Romantisme, mais proclame surtout sa dette à l'égard de Baudelaire. Rimbaud, connu un peu plus tard (« passant considérable », dira Mallarmé), avait, dans sa Lettre à Paul Demeny (1871), orienté la poésie vers la recherche d'une langue qui soit « de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant.» Mais c'est en Verlaine que les Symbolistes salueront leur chef de file, en raison d'une écriture dont l'Art poétique (1874) prescrit les règles :
« Car nous voulons la Nuance encore,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor ! »
Contexte d'apparition[modifier]
Depuis 1871, le gouvernement de la France est démocratique. En effet, la troisième République garantit les libertés fondamentales. De plus, les lois de Jules Ferry rendent l'école obligatoire, gratuite et laïque jusqu'à l'âge de 13 ans. La vie moderne apparaît dans la deuxième moitié du siècle grâce aux nombreux progrès techniques. Du côté idées, le positivisme triomphe.[1]
Origines[modifier]
En littérature, le mouvement du symbolisme trouve ses origines dans Les Fleurs du mal (1857) de Charles Baudelaire. L'esthétique symboliste fut développée par Stéphane Mallarmé et Paul Verlaine durant les années 1860 et 1870. Dans les années 1880, l'esthétique symboliste, s'étayant à travers une série de manifestes, attira une génération d'écrivains. La traduction en français par Baudelaire de l'œuvre d'Edgar Allan Poe, d'une influence considérable, fut à l'origine de plusieurs tropes et images du symbolisme.
Distinct du mouvement en littérature, le symbolisme dans les arts émerge de la face gothique du romantisme; mais là où l'art romantique était impulsif et rebelle, l'art symboliste était statique et hiératique.
Roman[modifier]
Le roman À rebours (1884) de Joris-Karl Huysmans contient plusieurs thèmes qui furent par la suite associés à l'esthétique symboliste. Ce roman, dans lequel peu d'action se déroule, est un catalogue recensant les goûts et décrivant la vie intérieure de Des Esseintes, un antihéros excentrique et reclus. Le roman fut imité par Oscar Wilde dans plusieurs passages du Portrait de Dorian Gray.
Paul Adam était le plus prolifique et représentatif romancier symboliste. Les Demoiselles Goubert, coécrit avec Jean Moréas en 1886, est une œuvre à mi-chemin entre le naturalisme et le symbolisme. Peu de symbolistes utilisèrent cette formule, à l'exception près du Roi fou publié par Gustave Kahn en 1896. Une autre fiction étant parfois considérée comme symboliste sont les contes misanthropiques (et surtout, misogynes) de Jules Barbey d'Aurevilly. Le premier roman de Gabriele D'Annunzio fut aussi écrit dans un esprit symboliste.
Musique[modifier]
Le symbolisme influença aussi la musique. Plusieurs écrivains et critiques symbolistes étaient positifs à l'égard de la musique de Richard Wagner.
L'esthétique symboliste eut une influence importante sur le travail de Claude Debussy. Ses choix de textes et de thèmes proviennent presque uniquement du canon symboliste. Des compositions telles que ses arrangements de Cinq poèmes de Baudelaire, différents lieds des poèmes de Verlaine, l'opéra Pelléas et Mélisande, et son ébauche illustrant deux histoires d'Allan Poe, Le Diable dans le beffroi et La Chute de la maison Usher, indiquent les goûts et les influences symbolistes de Debussy. Son œuvre clé, la Prélude à l'après-midi d'un faune, était inspirée par un poème de Stéphane Mallarmé, L'Après-Midi d'un faune.
Théâtre[modifier]
Le drame symboliste représente le sens spirituel et mystique de la vie. L'œuvre majeure est celle de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande, de 1892. Les premières pièces de Paul Claudel sont également symbolistes; comme Tête d'or, 1890. Alfred Jarry donne au théâtre symboliste une forme comique proche de l'absurde avec sa pièce Ubu roi de 1896[2].
Écrivains[modifier]
Les Créateurs[modifier]
- Charles Baudelaire (1821-1867), considéré comme étant le précurseur du courant en question avec Les Fleurs du mal.
- Arthur Rimbaud (1854 -1891).
- Paul Verlaine (1844-1896) avec son Art poétique.
- Stéphane Mallarmé avec Un coup de dés (1897)[réf. nécessaire]
Les poètes[modifier]
Artistes[modifier]
Les peintres[modifier]
Les sculpteurs[modifier]
Membres du groupe symboliste des « Nabis »[modifier]
- Émile Bernard (1868-1941)
- Pierre Bonnard (1867-1947)
- Maurice Denis (1870-1943)
- Ker-Xavier Roussel (1867-1944)
- Paul Sérusier (1864-1927)
- Félix Vallotton (1865-1925)
- Édouard Vuillard (1868-1940)
