mercredi 1 décembre 2010

Etats créatifs



Je suis récemment tombée sur cette vidéo via facebook. Le public féminin s'accorde évidemment à la trouver "trooooooooop mignoooooooonne!"...

Je le trouve intéressante du point de vue créatif. La petite fille improvise une histoire qui semble pour nous n'avoir que très peu de cohérence. On y retrouve des personnages connus (Winnie, Tigrou) issus de son environnement quotidien de petite fille, mêlé à des éléments très dramatiques (les arbres terribles, les pauvres animaux dans les boîtes, meurtres). Les rebondissements se succèdent sans cohérence apparente.

La première chose qui m'est venue à l'esprit est que si cette histoire n'avait pas été dans la bouche d'un enfant, mais d'un adulte, on l'aurait qualifié de fou, ou d'idiot ou, dans le meilleur des cas, on se serait demandé ce qu'il a bu ou fumé.

Parce que la création, surtout de manière improvisée est justement loin du monde des adultes, analytique, logique. C'est, comme je l'ai déjà évoqué, un processus chaotique, non linéaire, flexible. Comme dans la folie. (La folie (...) n'est autre chose que le désordre ou le défaut d'accord des impressions ordinaires (Cabanis, Rapp. phys. et mor., t. 1, 1808, p. 90)

Dans la vidéo on voit aussi le rôle de la maman qui par ses marques d'intêret suscite de nouvelles idées et la continuation de l'histoire. Illustration parfaite de l'artiste en improvisation face à un public qui se nourrit aussi bien de soi-même que des spectateurs/auditeurs.

Cela me fait penser aux techniques informatiques de morphing. Une image devient une autre, sans rapport avec la première tout d'abord mais l'ordinateur déforme les traits de telle manière que l'on a l'impression que l'une découle naturellement de l'autre.

Picasso l'avait déjà écrit: "Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. "

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