jeudi 22 avril 2010
L'art e(s)t le Mal (1)
Il y a tellement à dire sur la nature transgressive de l'Art et de l'artiste que j'ai prudemment ajouté un (1) à côté du titre de ce billet car je serai sûrement amenée à en reparler de nombreuses fois, sous des angles différents...
Pour l'heure, je reviens sur la remarque de Georges Bataille à propos de Kafka qui, nous dit-il, s'est mis par son métier dans une position de culpabilité vis-à-vis de sa famile, qui aurait préféré à sa condition d'artiste un "vrai métier", un métier qui suive l'exemple donné par les autres.
Inconsciemment ou pas, c'est la position de tout ceux qui ont choisi une profession artistique, comme moi. Que ce soit par conviction ou pour rompre avec le Bien (les traditions de la famille etc.), l'Art comme métier reste trangressif, voire non reconnu. On m'a souvent demandé (avec condescendance, moquerie, ou même snobisme) quel était mon "vrai" métier, puisque celui de danseuse n'en est évidemment pas un.
L'Artiste ne trouvera grâce (une grâce toute relative) aux yeux de l'autre que lorsqu'il "vivra" de son art. Tant qu'un écrivain ne sera pas publié, un peintre exposé ou une danseuse produite, la voie que nous avons choisie (ou pas d'ailleurs! mais c'est un autre sujet) ne sera que "hobby", tout au plus "passion" mais en tout cas pas un métier.
Si Métier et Art semblent aussi antinomiques, c'est beaucoup pour des questions d'argent.
La condition d'artiste est liée à une image proche de l'ascétisme et le fait de gagner de l'argent par son art se rapprocherait alors d'une compromission loin de l'idéal sacré.
Le métier en revanche est normal, donc bien et surtout utilitaire et donc loin des considérations artistiques qui, on le sait, sont sensées être à mille lieues du Réel et du Vrai Monde.
Je tâcherai de revenir sur ce sujet bientôt.
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